AvenirSocial - Professionelle Soziale Arbeit Schweiz

Plan d'action national contre la radicalisation et l'extrémisme violent : réactions d'AvenirSocial

Quel rôle les travailleurs et travailleuses sociales doivent-elles jouer en matière de lutte contre la radicalisation et l'extrémisme violent ? C'est notamment à cette question que la Confédération, les cantons et les communes ont tenté de répondre en publiant, en décembre dernier, un plan d'action national de prévention de la radicalisation et de toute forme d'extrémisme violent. Le Conseil fédéral en a pris acte lors de sa séance du 1er décembre 2017 et a décidé de le financer pour une durée de 5 ans avec 5 millions, attribués à des projets développés au niveau cantonal et communal, ou lancés par la société civile.

Une place de choix pour les travailleurs et travailleuses sociales

26 mesures sont détaillées dans ce plan, dont plus de la moitié visent explicitement les travailleurs et les travailleuses sociales.
Offres de formation et de perfectionnement, sensibilisation et formation des personnes clés, utilisation d'instruments de détection précoce, mise en place de structures spécialisées en matière de lutte contre la radicalisation et l'extrémisme violent, réglementation de l'échange d'information entre autorités, interventions ciblées auprès des enfants et des jeunes dont la sécurité ou le développement peut être considéré comme compromis, soutien aux professionnels pour l'accompagnement des familles et des proches des personnes radicalisées, etc… Autant de mesures dont les travailleurs et travailleuses sociales constituent le public-cible premier, que cela soit les éducateurs et éducatrices, les assistant-e-s sociales, les animateurs et animatrices socio-culturelles, etc.

Interventions d'AvenirSocial

AvenirSocial a pris connaissance de ce document à sa publication, et a consulté sa commission de politique sociale sur cette question. Plusieurs points critiques ont été soulevés, notamment le fait les principaux facteurs de risques de radicalisation et de l'extrémisme violent, à savoir la précarité socio-économique et l'exclusion sociale, ne soient pas abordées dans ce plan et qu'aucune mesure ne visant ces causes ne soient mentionnées dans ce plan. AvenirSocial s'interroge également sur l'augmentation nécessaire des ressources qui devraient être mises à disposition des travailleurs et des travailleuses sociales pour réaliser ces différentes tâches, dans un contexte où de nombreux cantons et collectivités pratiquent et prévoient des baisses dans les budgets alloués au travail social et où le nombre de dossiers par travailleurs et travailleuses sociales ne cessent d'augmenter. Enfin, AvenirSocial a pris connaissance avec intérêt du fait que des mesures concernant la lutte contre la discrimination et pour la protection des données étaient prévues dans ce plan. Ces deux questions sont en effet centrales pour les travailleurs et travailleuses sociales dans l'exercice de leur profession et font partie des obligations prévues dans le Code de déontologie du travail social.

Par la suite, un courrier a été adressé au Réseau national de sécurité, en charge de coordonner ce plan, et une rencontre a été organisée début janvier entre le Réseau national de sécurité et AvenirSocial, pour discuter des enjeux relatifs au travail social sur ces questions.
AvenirSocial continuera à suivre ce dossier de près. Le Conseil fédéral a par ailleurs ouvert une procédure de consultation sur la loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme, volet " répressif " de ce plan d'action national de lutte contre la radicalisation et l'extrémisme violent.