AvenirSocial - Professionelle Soziale Arbeit Schweiz

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Compétences éthiques ou morale individuelle dans le travail social

Compte rendu de la journée de travail d'AvenirSocial


Le 10 novembre dernier, AvenirSocial a organisé sa première grande manifestation publique. Près de de 200 professionnel-le-s se sont réunis à Bâle pour une journée d'étude autour du thème de l'éthique professionnelle. Il ressort assez clairement de cette journée que cette discipline ne se laisse pas facilement apprivoiser. Bien qu'elle soit sur le devant de la scène et que nous ayons tous quelque chose à en dire, elle nous échappe au moment où nous pensons la saisir.

Annemarie Pieper, philosophe bâloise, a introduit la journée en développant l'idée selon laquelle notre civilisation s'est mue du «¡nous¡» vers le «¡moi¡». C'est en référence à Nietzsche qu'elle a relevé le poid ancestral de la tradition duquel l'homme a dû s'affranchir. Tout d'abord, c'est en rejetant le contenu normatif de ces traditions que l'homme peut accéder à une véritable autonomie. Mais voilà, l'individuation a mené notre société à l'hégémonie de l'économique sur des valeurs comme la démocratie et la morale. L'économique n'est pourtant pas à rejeter mais à comprendre en équilibre avec les autres valeurs en jeu. Pour illustrer ce déséquilibre, Mme Pieper donne l'exemple suivant: Lorsque, dans un établissement scolaire, il s'agit de réaliser des économies, on commence par supprimer les cours de musique et de dessin parce qu'ils n'apparaissent pas comme des matières rentables.

Claude De Jonckheere nous a ensuite invité à comprendre quelle pourrait être cette véritable autonomie. Plutôt que de se laisser guider par des principes que certains ont assurés universels, nous sommes invités à participer à une véritable éthique de l'immanence, située dans l'ici et maintenant. Cette proposition est exigente par les échanges qu'elle suppose. Appliquée à notre agir professionnel, nous devrions plutôt nous référerer à une casuistique – une sorte de recueil systématique de cas d'école et leur résolution – plutôt que d'appliquer strictement un code de déontologie. D'après cette logique, il n'est pas facile de se laisser guider par des principes directeurs, ce que nous invite à faire Sonja Hug, autre intervenante de cette journée. Cette dernière nous propose de construire nos cadres de références à partir des droits de l'homme. Le travail social étant une profession de l'humain, il se doit d'être au plus proche de la Déclaration universelle des droits de l'homme qui fait œuvre de contenu normatif. Sans polariser ces deux approches, il est aujourd'hui peut-être utile pour les travailleurs sociaux de se référer à des contenus, qui ont fait l'objet de larges consensus, comme base argumentaire vis-à-vis de décideurs politiques et économiques pour qui la valeur primordiale est celle du profit.

La journée s'est terminée par une table ronde qui a réuni différentes personalités à qui, il a été demandé de débattre de situations de notre agir professionnel. Le débat a démontré la difficulté de saisir ces questions dans leur dimension éthique. En effet cet échange avait pris la direction d'un débat d'opinions. Claude De Jonckheere a alors relevé, que pour parler d'éthique, il fallait, au préalable un «¡construct¡» comprenant des questions comme la responsabilité, la citoyenneté et le pouvoir.

Olivier Grand, Secrétaire général adjoint, AvenirSocial