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Témoignage d'une éducatrice de l'enfance (Vaud)

Signature de la convention collective de travail pour la garderie Pain d’Epice

En 1997, lors de son engagement par -l’Entraide familiale de Blonay/St-Légier, l’équipe éducative a été informée que le budget était bloqué durant trois ans, période qui devait servir de preuve aux communes qu’une crèche était réellement nécessaire. Toute l’équipe s’est pleinement engagée et a déployé beaucoup d’énergie pour assurer le bon fonctionnement de la crèche-garderie. Néanmoins, les moyens financiers limités entraînaient une pression permanente sur les professionnels et les bénévoles. La collaboration et la communication avec l’Entraide familiale devenaient difficiles, les demandes de l’équipe pour faire un travail éducatif de qualité auprès des enfants n’étaient pas entendues.
Epuisées, les éducatrices n’envisageaient plus de travailler dans ces mêmes conditions et désiraient changer la situation.
A la suite des difficultés rencontrées, un groupe de travail s’est constitué afin de trouver des solutions en collaboration étroite avec la direction et l’équipe.
Un projet de budget (avec des salaires plus élevés que ceux de la fédération, du temps de travail hors présence des enfants, des heures de ménage suffisantes, des postes de stagiaires, etc.) accompagné d’un argumentaire a été élaboré et présenté aux communes. Deux rencontres ont eu lieu avec les autorités. Durant ces séances, les discussions étaient animées autour de la nécessité d’un lieu d’accueil avec des normes trop strictes, autour du travail des femmes et de leurs rôles dans la société.
Malgré des résistances notables, le budget a été accepté à condition qu’il soit progressif jusqu’en 2002. Ainsi, les municipalités ont pu rédiger un préavis qui a été voté et accepté par les conseils communaux des deux communes.
C’est avec un immense soulagement et des perspectives d’avenir plus sereines que l’équipe a pu, dès lors, consacrer davantage son énergie au travail pédagogique et social.
L’expérience relatée a été difficile mais très riche en enseignements pour les professionnelles. En effet, nous nous sommes toutes impliquées et mobilisées pour notre projet.
Le comité, puis plus tard les communes, ont senti une équipe soudée, motivée et désireuse de faire progresser les choses. Notons qu’il est très important que le comité qui gère l’institution soit composé de personnes qui reconnaissent le travail des éducateurs-trices de la petite enfance et qui n’hésitent pas à s’engager pour faire évoluer la profession.
Ce sont tous ces efforts communs, conjugués à beaucoup de persévérance et de détermination, qui nous ont permis d’avancer et de pouvoir signer le 17 juin 2003 la Convention collective de travail ACAE-SSP-AVTES.
Aujourd’hui nous constatons qu’une grande majorité des autorités politiques de nos communes sont convaincues de la nécessité d’une garderie dans une société qui a évolué. Néanmoins, le fait que le personnel doit être formé et que des normes de sécurité sont exigées soulève encore des discussions importantes.
Ainsi, nous devons continuer à expliquer notre travail et les raisons pour lesquelles une formation est indispensable.
Cette expérience nous amène à dire que rien n’est acquis et que notre statut reste fragile.

Pourquoi une convention collective

En tout premier lieu, la convention collective de travail est une reconnaissance de la profession dans son entité.
«En concluant la présente convention, les parties contractantes affirment leur volonté de collaborer en œuvrant simultanément à la bonne marche de l’institution.» (art.?1 de la CCT ACAE-SSP-AVTES)
Une convention de travail permet non seulement d’asseoir des conditions de travail satisfaisantes, mais permet aux professionnels de garantir des prestations de qualité car:
– L’employeur s’efforce d’engager du personnel éducatif au bénéfice d’une formation reconnue. Si tel n’est pas le cas, l’employé-e est tenu-e de suivre une formation en cours d’emploi.
– L’équipe éducative dispose de 7 jours de perfectionnement par an. Le personnel éducatif se donne ainsi les moyens pour prendre du recul, se ressourcer et permettre de réfléchir à son action.
– Le temps de travail hebdomadaire des employé-e-s est de 40 heures par se-maine pour un 100%. Est compris dans l’horaire environ 15% pour des tâches hors présence des enfants. Ce qui permet à l’équipe éducative d’organiser les colloques, les réunions de parents, de préparer les entretiens avec les services sociaux et médicaux et les stagiaires, de préparer les activités, etc., sans avoir besoin d’effectuer ces tâches en présence des enfants.
En conclusion, une convention collective de travail favorise non seulement des prestations et un accueil de qualité mais elle permet également à l’équipe éducative de s’épanouir et de réduire les sources de mécontentement.

Corina Campanile*
*Membre d’AvenirSocial, section Vaud-Genève, déléguée à la commission paritaire

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